Réaliser un bilan carbone événementiel soulève rapidement les mêmes questions, quel que soit le type d'événement organisé : par où commencer, quelles données rassembler, auprès de qui, et que faire du résultat une fois le calcul terminé. Ce guide reprend l'ensemble du parcours, du périmètre à mesurer jusqu'au plan d'action, en s'appuyant sur les principes de la méthode Bilan Carbone® et du GHG Protocol appliqués à la réalité de l'événementiel. Il s'adresse aux organisateurs de salons et de congrès, aux agences qui produisent des événements pour leurs clients, aux lieux qui accueillent des manifestations tout au long de l'année et aux prestataires qui interviennent sur la chaîne de valeur : chacun n'a pas le même point d'entrée dans la démarche, mais tous partagent le même socle méthodologique. Il renvoie, sur chaque étape qui demande un niveau de détail supplémentaire, vers l'article qui la traite en profondeur : poste par poste pour la collecte, levier par levier pour la réduction.

Pourquoi mesurer l'empreinte carbone d'un événement

Un salon, un congrès ou un événement d'entreprise mobilise en un même lieu et sur une période courte un grand nombre de participants, de prestataires et de fournisseurs. Cette concentration produit une empreinte carbone réelle, mais elle offre aussi un avantage rare : la plupart des données nécessaires à sa mesure existent déjà, chez l'organisateur ou chez ses prestataires, sous une forme directement exploitable (facture d'énergie, fichier d'inscription, bordereau de livraison).

Cette mesure répond à trois logiques qui se rejoignent de plus en plus souvent. La première est interne : un organisateur qui connaît la répartition de son empreinte par poste sait où porter ses efforts d'une édition à l'autre, plutôt que d'agir au hasard. La seconde vient du marché : les donneurs d'ordres, entreprises comme collectivités, demandent une transparence environnementale croissante, et les appels d'offres intègrent désormais des critères qui valorisent une démarche carbone documentée. La troisième tient à la filière elle-même : mesurer selon une méthode commune permet de comparer des événements, des éditions et des acteurs sur une base partagée, plutôt que chacun avec ses propres hypothèses.

C'est dans cette dynamique de filière qu'a été conçu Cleo Carbone, développé par UNIMEV et Choose Paris Region avec l'expertise technique de Kabaun. UNIMEV, unique organisation professionnelle représentative de l'ensemble des acteurs de la rencontre professionnelle, réunit plus de 400 adhérents, soit environ 85 % du secteur : c'est cette filière qui a commandé et éprouvé l'outil, pas un éditeur isolé qui aurait imaginé les besoins du secteur de l'extérieur.

Pour un prestataire ou une agence, cette capacité à produire un bilan rapidement dépasse la seule conformité. Un acteur qui sait déjà répondre à la question carbone, avec un chiffre daté et une méthode reconnue, répond plus vite à une consultation qu'un concurrent qui découvre le sujet au moment de l'appel d'offres. Ce n'est pas qu'un exercice de mesure : c'est aussi, de plus en plus, un argument commercial face à des clients eux-mêmes questionnés sur leur propre démarche.

Bilan carbone d'entreprise ou empreinte d'un événement : deux exercices complémentaires

Avant de lancer une démarche carbone, une confusion revient souvent : faut-il mesurer l'entreprise, ou l'événement ? Ce n'est pas un choix entre deux options, mais deux exercices qui répondent à des questions différentes.

Le Bilan Carbone® d'entreprise couvre l'ensemble d'une structure, sur une période fixe, en général l'exercice comptable. Il répond à la question : quelle est l'empreinte carbone totale de mon organisation sur une année, tous ses événements, ses déplacements et son fonctionnement confondus ? Ce type de bilan intéresse en premier lieu un comité de direction ou un donneur d'ordres qui évalue l'entreprise dans son ensemble, indépendamment d'un événement précis.

L'empreinte d'un événement mesure, elle, un projet à part entière, avec un début, un déroulement et une fin : un salon devient un projet, avec ses sous-projets de montage, d'exploitation et de démontage. Elle répond à une question différente : quelle est l'empreinte de cette édition précise, comparée à l'édition précédente ou à un autre format ? C'est cette lecture qu'attend le plus souvent un exposant ou un partenaire qui s'intéresse à un événement en particulier, pas à l'ensemble de l'activité de l'organisateur.

Les deux exercices se complètent plutôt que de se substituer l'un à l'autre : le bilan annuel donne la trajectoire globale de la structure, l'empreinte de chaque événement donne le détail opérationnel sur lequel agir édition après édition. Cette articulation entre les deux échelles, avec ses cas concrets pour une agence, un organisateur ou un lieu qui produit plusieurs événements par an, fait l'objet d'un article dédié à la différence entre bilan d'entreprise et empreinte d'événement.

Les scopes 1, 2 et 3 : où se loge réellement l'empreinte d'un événement

Le GHG Protocol, repris par la méthode Bilan Carbone®, classe les émissions selon leur origine par rapport à l'organisme qui les mesure. Le scope 1 regroupe les émissions directes, produites par des sources que l'organisateur possède ou contrôle. Le scope 2 couvre l'énergie achetée et consommée par ces mêmes sources, électricité, chaleur ou froid. Le scope 3 regroupe toutes les autres émissions indirectes, celles qui se produisent chez les fournisseurs, les prestataires et les participants.

Concrètement, le scope 1 d'un événement couvre les véhicules détenus en propre par l'organisation, la combustion sur site quand une chaudière ou un groupe électrogène appartient au site, et certains fluides frigorigènes des installations de climatisation détenues en propre. Le scope 2 couvre l'électricité, la chaleur ou le froid achetés et consommés pendant l'événement : éclairage des halls, sonorisation, climatisation ou chauffage du site, alimentation des stands raccordés au réseau.

Sur un événement ponctuel qui loue son lieu et ses équipements, les scopes 1 et 2 restent en général réduits, presque nuls dans certains cas : les sources qui pourraient en relever appartiennent souvent au lieu ou à un prestataire, et basculent alors dans le scope 3 du point de vue de l'organisateur. C'est le scope 3 qui concentre l'essentiel de l'empreinte : transport des participants, fret, scénographie, restauration, hébergement, déchets, objets remis aux visiteurs.

Une erreur encore répandue consiste à calculer uniquement les scopes 1 et 2, puis à communiquer ce chiffre comme s'il représentait l'empreinte totale de l'événement. C'est trompeur : le scope 3 représente souvent plus de 80 % du total sur un événement de ce type. Ce classement en trois scopes, avec le détail de ce que couvre chacun et les ordres de grandeur associés, est traité en profondeur dans un article consacré aux scopes 1, 2 et 3 d'un événement.

Le principe de significativité : prioriser plutôt que tout mesurer avec la même précision

Face à la diversité des postes d'un bilan carbone événementiel, une erreur classique consiste à vouloir tout mesurer immédiatement, avec la même exigence de précision, sans avoir d'abord une idée des ordres de grandeur. Un salon international avec des exposants venus de l'étranger n'a pas le même profil d'émissions qu'un congrès régional ; partir sans cette lecture préalable revient à collecter des données précises sur des postes qui pèsent peu dans le résultat final.

La méthode Bilan Carbone®, en s'appuyant sur des normes de comptabilité carbone comme l'ISO 14064-1, introduit le principe de significativité : un poste est jugé significatif s'il répond à au moins un de ces critères. L'ampleur, quand les postes retenus couvrent au moins 80 % des émissions totales. Les leviers d'action, quand l'organisateur ou ses prestataires peuvent agir directement dessus. Le risque ou l'opportunité, quand un poste a une importance stratégique au-delà de son seul poids quantitatif.

Cette grille s'articule avec la notion d'incertitude : une donnée réelle, issue d'une facture, porte une incertitude d'environ 5 %, contre 30 à 50 % pour une valeur par défaut. Les postes les plus significatifs doivent être ceux sur lesquels l'incertitude est la plus faible : une incertitude élevée sur un poste qui représente 60 % du total peut fausser tout le résultat, alors qu'elle importe peu sur un poste marginal.

Trois façons rapides d'identifier vos vrais postes d'impact

Avant de lancer une collecte complète, trois lectures rapides donnent une première intuition de la répartition d'un événement, sans attendre le résultat final. Regarder le classement des prestataires en valeur facturée : c'est une proxy imparfaite mais utile, les prestataires qui pèsent le plus dans le budget pèsent souvent le plus dans le bilan carbone. Estimer l'origine géographique des participants à partir des données d'inscription déjà disponibles : si une part importante vient de l'étranger ou de régions éloignées, le transport dominera encore davantage le résultat. Faire un premier bilan estimatif à partir de valeurs moyennes sur chaque poste, nombre de participants, nombre de repas, surface de stands installés : ce n'est pas le bilan final, mais c'est la carte qui indique où chercher en priorité, avant d'affiner sur les postes qui se révèlent significatifs.

Comment le calcul se construit concrètement

Derrière tout bilan, qu'il porte sur une entreprise ou sur un événement, se cache le même calcul : une donnée d'activité (un kilomètre parcouru, un repas servi, un kilo de matériau) multipliée par un facteur d'émission qui convertit cette donnée en équivalent CO2. Ce facteur ne s'invente pas au cas par cas : il vient d'une base reconnue, construite et mise à jour par des organismes spécialisés. Cleo Carbone s'appuie sur des bases de facteurs d'émission reconnues comme l'ADEME et la DEFRA, les mêmes pour le siège, les produits, les événements et les prestataires.

Le principe de la donnée d'activité multipliée par un facteur, les limites de cette approche et la façon de documenter l'incertitude poste par poste sont détaillés dans un article sur les facteurs d'émission ADEME et DEFRA.

Organiser la collecte de données auprès de vos prestataires

Un bilan carbone événementiel ne se construit pas seul, ni en chambre par une seule personne : l'empreinte d'un événement est distribuée sur toute la chaîne de valeur, et chaque prestataire détient une part de la donnée. Le principe qui change tout est simple : anticiper la collecte plutôt que de la reconstituer après coup. La grande majorité des données nécessaires sont disponibles pendant ou juste avant l'événement, et deviennent très difficiles à retrouver plusieurs mois plus tard.

Cette répartition de l'effort n'est pas qu'une question de charge de travail. Un prestataire connaît toujours mieux que l'organisateur ses propres émissions : le poids exact de ses matériaux, la distance parcourue par ses véhicules, le nombre réel de repas préparés. Lui demander de saisir sa propre donnée, plutôt que de tenter de l'estimer à sa place, améliore à la fois la qualité du résultat et l'appropriation de la démarche : un prestataire qui a renseigné son bilan une fois se montre nettement plus réceptif à une demande d'amélioration l'année suivante, puisqu'il n'a plus qu'à mettre sa donnée à jour plutôt que de repartir de zéro.

Le poste transport arrive en tête de tous les bilans : il domine largement les autres postes sur un événement type, et se mesure à partir de deux données simples, l'origine géographique et le mode de transport de chaque participant, collectées dès l'inscription. Le détail de ce poste, ses données à collecter et ses leviers de réduction font l'objet d'un article sur le transport des participants, premier poste carbone d'un événement.

Viennent ensuite des postes plus modestes en poids mais tout aussi documentables. La scénographie, les stands et la signalétique se mesurent à partir du poids et de la nature des matériaux, ainsi que des distances de transport fournies par l'installateur général : un article dédié détaille ce poste et le rôle du réemploi. La restauration et le traiteur varient fortement selon la composition des menus, avec deux données à demander, le nombre de repas par type de menu et leur poids : un article sur la restauration événementielle détaille cette collecte. Le fret et la logistique des exposants, distincts du transport des participants, reposent sur trois données détenues par le logisticien, kilomètres, poids et type de véhicule, avec une attention particulière portée aux gros exposants : un article sur le fret et la logistique des exposants approfondit ce poste. Les déchets, enfin, se mesurent flux par flux plutôt que globalement, à partir des volumes fournis par le prestataire déchets : la méthode est détaillée dans un article sur la mesure des déchets d'un salon.

Deux postes du scope 3 restent plus souvent dans l'angle mort que les précédents, sans être négligeables pour autant. L'hébergement des participants venus de loin s'estime à partir de trois données simples, le nombre de participants qui passent au moins une nuit sur place, le nombre de nuitées total et le lieu d'hébergement retenu, le plus souvent récupérées via un champ dédié dans le formulaire d'inscription ou auprès des hôtels partenaires : un article sur l'hébergement des participants dans le bilan carbone détaille cette collecte et son lien direct avec le poste transport. Les objets média et les goodies remis aux visiteurs, eux, se mesurent produit par produit plutôt qu'à l'échelle globale de l'événement, avec un éco-score complet plutôt qu'un seul chiffre en tonnes de CO2e : un article sur l'empreinte des objets média avec Cle'objet explique cette approche, pensée pour arbitrer entre deux fournisseurs ou deux matériaux au moment de la commande.

Cette collecte fonctionne d'autant mieux qu'elle s'intègre dans les processus existants : une clause dans le contrat prestataire, un champ dans le formulaire d'inscription, un questionnaire structuré plutôt qu'un email générique. Un article consacré à l'implication des prestataires dans la collecte rassemble ces pratiques, poste transversal à tous ceux détaillés ci-dessus. Cleo Carbone traduit ce principe dans l'outil : chaque prestataire accède à son propre périmètre pour saisir ses données, la consolidation se fait automatiquement, et un formulaire pas à pas prend en charge tout ce qui n'existe dans aucun fichier, sans bloquer le reste du bilan.

Lire le résultat : ce que racontent les ordres de grandeur

Une fois le calcul réalisé, trois questions permettent de lire le résultat plutôt que de se contenter d'un chiffre isolé. Quel est le poste numéro un ? C'est lui qui doit concentrer les efforts, pas les optimisations marginales sur des postes secondaires. Le résultat est-il cohérent ? Les repères de terrain se situent généralement entre 500 grammes et 20 kilogrammes de CO2e par participant et par jour selon le type d'événement, et peuvent atteindre 50 kilogrammes pour certains formats internationaux. Pourquoi ces chiffres varient-ils autant ? La réponse tient presque entièrement au transport : un événement local avec peu de déplacements peut rester en dessous de 1 kilogramme de CO2e par participant, tandis qu'un événement avec une forte proportion de participants internationaux peut dépasser 10, voire atteindre 50 kilogrammes par participant.

Cet écart entre deux situations extrêmes n'est pas un défaut de méthode, c'est la démonstration que le profil de l'événement détermine le résultat autant que les efforts de réduction déjà engagés. Un événement régional bien desservi en train n'a pas vocation à atteindre le même chiffre qu'un congrès international, et comparer les deux sans tenir compte de ce contexte fausserait la lecture plus qu'elle n'éclairerait.

La lecture par poste importe autant que le chiffre global : elle seule permet d'identifier où agir en priorité pour l'édition suivante, en cohérence avec le principe de significativité déjà appliqué à la collecte. Un tableau de bord qui restitue les résultats poste par poste, plutôt qu'un total unique, évite aussi de confondre deux événements aux profils différents sous un même chiffre : deux salons avec le même nombre de participants peuvent afficher un résultat très éloigné selon la part de participants internationaux, le niveau de scénographie ou le format retenu.

Communiquer son bilan sans tomber dans le greenwashing

Réaliser un bilan est une étape, le communiquer honnêtement en est une autre, tout aussi déterminante pour la crédibilité de la démarche. La plupart des dérives de communication carbone dans l'événementiel ne partent pas d'une volonté de tromper : elles viennent d'une omission, un chiffre communiqué sans préciser ce qu'il couvre, ou une ambition affichée sans les actions qui la soutiennent.

Trois règles simples évitent cet écueil. Toujours préciser le périmètre retenu : le transport des participants est-il inclus, la scénographie comptée ? Ne communiquer que sur les scopes 1 et 2 en omettant le scope 3 donne une image trompeuse, même sans mauvaise intention au départ. Préférer les actions de réduction concrètes au chiffre brut : une action datée, vérifiable l'édition suivante, est plus crédible qu'une formule générale sur la neutralité carbone. Respecter l'ordre mesurer, réduire, compenser : la compensation reste un dernier recours, jamais un point de départ.

Le niveau de détail attendu varie ensuite selon l'interlocuteur, sans que le fond du message change : un donneur d'ordres ou un jury d'appel d'offres attend le rapport complet, avec la méthodologie, le périmètre et le taux d'incertitude précisés ; un exposant ou un partenaire attend surtout le bilan global et la trajectoire de réduction, avec les actions qui le concernent directement ; le grand public retient plutôt un message court, centré sur une ou deux actions concrètes que sur un tableau de chiffres. Adapter le format ne dispense pas de garder le même périmètre de calcul derrière chaque version du message.

Ces trois règles, avec le détail des formats à adapter selon l'interlocuteur, sont développées dans un article sur la communication d'un bilan carbone sans greenwashing.

Du bilan au plan d'action

Un bilan carbone qui reste un document archivé, sans suite opérationnelle, ne réduit rien : la valeur se crée au moment où le résultat se transforme en actions concrètes pour l'édition suivante. La première question à se poser reprend directement le principe de significativité appliqué à la collecte : quel est le poste qui pèse le plus, et sur lequel des leviers d'action existent réellement ?

Un plan d'action utile se construit poste par poste, avec des mesures identifiables plutôt que des intentions générales : négocier un partenariat ferroviaire pour le transport, travailler le réemploi avec l'installateur général pour la scénographie, augmenter la part de menus végétariens pour la restauration, mettre en place un apport volontaire pour les déchets. Chacune de ces actions gagne à être associée à un objectif mesurable d'une édition à l'autre, par exemple en émissions par participant, pour pouvoir être suivie plutôt que simplement énoncée.

Toutes les actions ne se lancent pas au même rythme. Certaines se négocient sur plusieurs mois, comme un partenariat avec un opérateur ferroviaire ou un changement de traiteur habitué depuis plusieurs éditions. D'autres se décident rapidement, comme une clause ajoutée au prochain contrat prestataire ou un point de collecte supplémentaire pour les biodéchets. Commencer par les actions rapides à mettre en œuvre, tout en engageant en parallèle les négociations plus longues sur le poste principal, permet de montrer un résultat concret dès l'édition qui suit le premier bilan, sans attendre que tous les chantiers soient bouclés en même temps.

La méthode complète pour passer du bilan au plan d'action, prioriser un poste dominant, fixer des objectifs et suivre leur trajectoire, fait l'objet d'un article sur le plan de réduction carbone d'un événement. Cleo Carbone transforme le résultat du bilan en trajectoire et en plan d'actions suivi, plutôt que de s'arrêter à un chiffre figé.

Cas par type d'événement

Les principes exposés plus haut, scopes, significativité, collecte, communication, plan d'action, s'appliquent à tout événement, du séminaire d'entreprise au salon international. Ce qui change d'un format à l'autre, c'est le poids relatif de chaque poste et la façon dont la collecte se répartit entre l'organisateur et ses prestataires. Quatre situations reviennent le plus souvent.

Salon professionnel avec exposants

Un salon rassemble deux populations aux profils très différents : les visiteurs, dont le transport suit la logique classique du poste dominant, et les exposants, dont le fret et la scénographie de stand ajoutent un poste supplémentaire souvent sous-estimé. La chaîne de collecte y est plus éclatée que pour un congrès : chaque exposant est responsable de son propre matériel, ce qui justifie de commencer par les gros exposants et d'intégrer la collecte au kit exposant, au même titre que le règlement technique. Les objets média distribués sur le stand, goodies, supports imprimés, s'ajoutent à cette liste : leur poids reste modeste à l'échelle de l'événement entier, mais devient significatif pour un exposant qui distribue plusieurs milliers d'unités sur une seule édition.

Congrès et conférences

Un congrès concentre son empreinte sur un nombre de participants plus resserré, mais sur une durée souvent plus longue, ce qui fait grimper le poste hébergement en proportion : plus le programme s'étale sur plusieurs jours, plus le nombre de nuitées suit. Le poste scénographie y pèse en général moins qu'un salon avec des centaines de stands sur mesure, ce qui recentre l'effort de collecte sur le transport et l'hébergement des intervenants et participants. Un congrès international, en particulier, gagne à croiser dès l'inscription le champ origine géographique avec le champ nuitée : les participants situés au-delà d'une certaine distance sont presque toujours ceux qui génèrent l'essentiel des nuitées, ce qui permet d'estimer ce poste avant même d'avoir reçu la moindre facture d'hôtel.

Événement d'entreprise

Un événement d'entreprise, séminaire ou soirée de lancement, présente souvent un périmètre plus resserré et mieux connu de l'organisateur : liste de participants internes, prestataires en nombre limité, durée courte. Cette maîtrise du périmètre facilite une première mesure rapide, à condition de ne pas se limiter aux seuls postes visibles (traiteur, salle) en oubliant le transport des participants, qui reste généralement le poste dominant même à cette échelle. Ce format se prête bien à un premier bilan test avant de généraliser la démarche à des événements plus complexes : le petit nombre de prestataires impliqués simplifie la collecte, ce qui en fait souvent le point d'entrée le plus rapide pour une organisation qui découvre le sujet.

Lieu événementiel à l'année

Un palais des congrès ou un parc d'expositions porte une double responsabilité : sa propre empreinte annuelle, comme n'importe quelle structure, et une part de l'empreinte de chaque événement qu'il accueille. L'énergie du site, par exemple, relève du scope 2 dans le bilan du lieu lui-même, et du scope 3 dans celui de l'organisateur qui loue l'espace pour son événement : un même kilowattheure se lit différemment selon le périmètre depuis lequel on le mesure. Cette articulation entre bilan annuel du lieu et empreinte de chaque événement accueilli, avec la question du partage de données entre gestionnaire de site et organisateurs successifs, est développée dans un article sur les lieux événementiels et leur empreinte à l'année.

Répondre aux attentes réglementaires et RSE de vos donneurs d'ordres

Un bilan carbone événementiel s'inscrit de plus en plus souvent dans un cadre plus large que la seule mesure. D'un côté, une norme comme l'ISO 20121, système de management responsable appliqué à l'activité événementielle, structure la gouvernance et les processus d'une organisation, sans remplacer un chiffre mesuré : l'une porte sur la façon dont l'organisation est pilotée, l'autre sur le résultat de ses émissions. Les deux se rejoignent sur un même principe de priorisation des impacts significatifs, et se renforcent mutuellement face à un donneur d'ordres. Cette complémentarité est détaillée dans un article sur l'ISO 20121 et le bilan carbone événementiel.

De l'autre côté, les questionnaires RSE et les appels d'offres avec critères environnementaux se généralisent, côté marchés publics comme côté grands comptes privés soumis à des obligations de reporting extra-financier. Une formulation vague sur l'engagement environnemental n'a plus de valeur face à ce type de demande : les acheteurs cherchent un chiffre daté, une preuve de méthode reconnue, une trajectoire suivie d'une édition à l'autre plutôt qu'un instantané. Préparer un socle de preuves réutilisable, bilan carbone en tête, politique de fournisseurs responsables et indicateurs sociaux à l'appui, plutôt que de repartir de zéro à chaque consultation, fait toute la différence dans le délai de réponse à un appel d'offres.

Questions fréquentes

Faut-il faire le bilan de l'entreprise ou celui de l'événement ?

Les deux, dans l'idéal, mais ce n'est pas un choix binaire à faire tout de suite : le bilan d'entreprise donne la trajectoire globale, l'empreinte de l'événement donne le détail opérationnel. Un organisateur qui débute peut commencer par un seul événement représentatif, avant d'élargir à sa structure entière.

Combien de temps prend un premier bilan carbone événementiel ?

Cela dépend surtout de la disponibilité des données chez les prestataires sollicités, pas du calcul lui-même. Anticiper la collecte, dans l'idéal 60 jours avant l'événement, raccourcit nettement le délai par rapport à une demande lancée après le démontage, quand les données sont plus difficiles à retrouver. Une réunion courte de debrief avec les prestataires clés, dans les deux semaines qui suivent l'événement, permet de récupérer les derniers chiffres bruts avant qu'ils ne se perdent dans un dossier oublié.

Faut-il des données entièrement réelles pour publier un bilan ?

Non. Très peu de bilans carbone événementiels sont construits entièrement sur des données réelles, et c'est acceptable à condition de documenter chaque hypothèse et son incertitude. Un bilan avec des hypothèses documentées reste défendable ; un bilan jamais réalisé parce que les données manquent ne l'est pas. L'essentiel est de concentrer l'effort de fiabilisation sur les postes les plus significatifs, en laissant les postes marginaux en valeur par défaut plutôt que de bloquer l'ensemble du bilan sur un seul chiffre manquant.

Quel est le poste sur lequel agir en priorité ?

Dans l'immense majorité des cas, c'est le transport des participants, qui domine largement les autres postes sur un événement type. Le principe de significativité confirme cette priorité : un poste qui pèse fortement dans le total, et sur lequel des leviers d'action existent, mérite l'essentiel de l'attention avant les optimisations marginales sur des postes secondaires.

Peut-on comparer l'empreinte de deux événements différents ?

Oui, à condition de comparer sur un périmètre identique et avec la même méthode de calcul. C'est justement l'intérêt de s'appuyer sur des facteurs d'émission reconnus et une méthode commune à toute la filière plutôt que sur des hypothèses propres à chaque organisateur : deux bilans construits sur les mêmes bases de facteurs restent comparables entre eux, ce qui n'est pas garanti quand chaque organisateur retient ses propres sources.

Un bilan carbone événementiel remplace-t-il une certification comme l'ISO 20121 ?

Non, les deux démarches ne mesurent pas la même chose. Le bilan carbone donne un chiffre daté par poste ; l'ISO 20121 structure la gouvernance et les processus qui permettent de piloter ces postes dans la durée. Une organisation gagne à documenter les deux plutôt qu'à choisir entre elles.

Qui doit piloter le bilan carbone en interne ?

Une équipe RSE coordonne en général la démarche et consolide les résultats, mais elle ne peut pas produire seule toutes les données : chaque prestataire connaît mieux que quiconque ses propres émissions. Le rôle de l'équipe interne est de cadrer le périmètre, de solliciter les bons interlocuteurs au bon moment et de transformer le résultat obtenu en objectifs suivis d'une édition à l'autre.

Vous préparez le premier bilan carbone de votre événement, ou vous cherchez à structurer celui de votre lieu et de ses éditions dans un même outil ? Demandez une démonstration de Cleo Carbone : une session de 30 minutes suffit pour voir la plateforme sur votre propre périmètre, avec un de vos événements ou l'un de vos produits comme exemple, de la collecte partagée avec vos prestataires jusqu'à la restitution par poste et au plan d'actions suivi dans le temps.

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