Trois scopes, une seule question : d'où vient l'émission ?

Le GHG Protocol, repris par la méthode Bilan Carbone®, classe les émissions de gaz à effet de serre en trois catégories, ou scopes, selon leur origine par rapport à l'organisme qui les mesure.

  • Scope 1 : les émissions directes, produites par des sources que l'organisateur possède ou contrôle.
  • Scope 2 : les émissions indirectes liées à l'énergie achetée (électricité, chaleur, froid) et consommée par ces mêmes sources.
  • Scope 3 : toutes les autres émissions indirectes, celles qui se produisent en amont ou en aval de l'activité de l'organisateur, chez ses fournisseurs, ses prestataires et ses participants.

Cette distinction n'est pas un exercice comptable réservé aux grands groupes. Pour un événement, elle change entièrement la lecture du bilan carbone : selon le scope où l'on regarde, les postes qui dominent ne sont pas les mêmes.

Scope 1 : ce que l'organisateur émet directement

Pour un salon, un congrès ou un événement d'entreprise, le scope 1 reste en général réduit. Il couvre les sources directes que l'organisateur (ou le lieu, si c'est lui qui porte la mesure) possède ou pilote lui-même :

  • les véhicules détenus en propre par l'organisation (véhicule de liaison, groupe électrogène de secours) ;
  • la combustion sur site : chaudières au fioul ou au gaz du bâtiment quand elles appartiennent au site, groupes électrogènes utilisés pendant l'événement ;
  • certains fluides frigorigènes des installations de climatisation détenues en propre.

Sur un événement ponctuel qui loue son lieu et ses équipements, ce scope est souvent quasi nul : les sources qui pourraient en relever appartiennent en réalité au lieu, à un prestataire ou à un loueur, et basculent alors dans le scope 3.

Scope 2 : l'énergie achetée pour faire tourner l'événement

Le scope 2 couvre l'électricité, la chaleur ou le froid achetés et consommés pendant l'événement : l'éclairage des halls, la sonorisation, la climatisation ou le chauffage du site, l'alimentation des stands raccordés au réseau du lieu.

Une précision compte : quand l'événement se tient dans un lieu loué, c'est le gestionnaire du site qui achète cette énergie. Elle relève alors du scope 2 dans le bilan du lieu, et du scope 3 dans celui de l'organisateur. Dans les deux cas, c'est un poste facile à documenter, puisqu'il correspond directement aux factures d'énergie du site. C'est aussi, à l'échelle d'un événement, un poste dont le poids reste limité : l'énergie du site se situe généralement entre 2 et 5 % des émissions totales d'un événement type.

Scope 3 : le poste qui pèse le plus, et de loin

C'est là que se concentre l'essentiel de l'empreinte carbone d'un événement. Le scope 3 regroupe tout ce que l'organisateur ne possède pas mais qui existe pour et à cause de son événement :

  • le transport des participants, exposants et intervenants (avion, train, voiture, en France ou depuis l'étranger) ;
  • le fret et le transport du matériel, de la scénographie et des stands ;
  • la construction, l'installation et le démontage des stands et de la signalétique ;
  • la restauration et le traiteur ;
  • l'hébergement des participants venus de loin ;
  • les déchets générés sur site et leur traitement ;
  • les supports imprimés, les objets et les goodies remis aux visiteurs.

Les ordres de grandeur de référence de la filière, issus des études UNIMEV via Cleo Carbone, donnent une hiérarchie claire pour un événement type : le transport des participants pèse entre 70 et 80 % des émissions totales, la scénographie, la signalétique et les stands entre 10 et 20 %, la restauration et le fret matériel chacun entre 5 et 20 %, et les déchets environ 5 %. Ces fourchettes restent larges, mais elles montrent une chose sans ambiguïté : sur un salon ou un congrès, le scope 3 écrase tout le reste du bilan.

L'erreur qui fausse tout : s'arrêter aux scopes 1 et 2

Une pratique encore répandue consiste à calculer uniquement les scopes 1 et 2, énergie et véhicules directs, puis à communiquer ce chiffre comme s'il représentait l'empreinte totale de l'événement. C'est une pratique trompeuse : sur un événement, le scope 3 représente souvent plus de 80 % du total. Un bilan limité aux scopes 1 et 2 ne montre que la partie la plus visible et la moins révélatrice de l'impact réel.

Cette confusion pèse aussi sur la communication : annoncer un chiffre bas parce que le périmètre retenu exclut le scope 3, sans le préciser, s'apparente à du greenwashing, même sans mauvaise intention au départ. Le premier réflexe pour éviter cet écueil est de toujours indiquer le périmètre retenu : transport des participants inclus ou non, scénographie comptée ou pas.

Pourquoi mesurer le scope 3 malgré sa complexité

Le scope 3 est difficile à mesurer parce qu'il dépend de données détenues par d'autres : les billets de train ou d'avion des participants, le poids et l'origine des matériaux de stand chez le prestataire d'installation générale, les volumes de déchets chez le prestataire dédié, les kilomètres parcourus chez le logisticien fret. Aucune de ces données n'appartient à l'organisateur au départ.

C'est justement pour cette raison qu'il ne faut pas l'écarter : un bilan carbone qui néglige le scope 3 laisse dans l'angle mort le poste qui, dans l'immense majorité des cas, détermine l'essentiel de l'empreinte de l'événement. Mesurer le scope 3, même de façon estimative dans un premier temps, reste la seule façon d'identifier les vrais leviers de réduction : mode de transport recommandé aux participants, réemploi des structures de stand, choix du traiteur, gestion des déchets sur site.

Comment Cleo Carbone aide à mesurer les trois scopes

Cleo Carbone couvre les trois scopes sur un même périmètre, du carburant des navettes aux achats de prestations, avec des facteurs d'émission issus de sources reconnues comme l'ADEME et la DEFRA. Concrètement, l'outil s'appuie sur trois leviers pour rendre le scope 3 mesurable et pas seulement théorique :

  • La collecte partagée : les prestataires renseignent eux-mêmes leurs propres données dans un espace dédié, plutôt que de tout faire remonter par l'organisateur seul.
  • Une saisie guidée pour les données manquantes : pour tout ce qui n'existe dans aucun fichier de facturation ou de logistique, un formulaire pas à pas permet d'estimer le poste sans bloquer le bilan.
  • Une méthode reconnue : la méthode de Cleo Carbone est reconnue conforme au Bilan Carbone® par l'ABC, pour le bilan d'un événement comme pour le bilan complet d'une structure, scopes 1, 2 et 3.

L'outil rattache chaque ligne importée, qu'elle vienne d'une facture, d'un fichier de fréquentation ou d'une saisie manuelle, au bon poste d'émission, sans que l'équipe organisatrice ait à reclasser elle-même chaque donnée.

Vous organisez des salons, des congrès ou des événements d'entreprise et voulez voir comment structurer un bilan qui couvre réellement vos trois scopes ? Demandez une démonstration : 30 minutes suffisent pour voir la plateforme sur votre propre événement.

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